Dix ans déjà. Fidèle à lui-même, La Isla Social Club a marqué le coup. Le 18 avril 2026, au Ravenala Attitude, pas de salle, pas de murs — juste le sable sous les pieds, l’océan en fond sonore et les étoiles pour plafond. Une boîte de nuit à ciel ouvert, fidèle à ce que La Isla a toujours su faire : créer une parenthèse, mettre tout le monde sur la même fréquence. Ce soir-là, elle s’appelait French Touch.

La French Touch est un mouvement musical né en France dans les années 90. Porté par des artistes comme Daft Punk, Air, Justice ou Cassius, il a forgé une signature sonore immédiatement reconnaissable : house music aux influences disco, lignes de basse profondes, drops percutants et une énergie à la fois funky et résolument électronique. Une esthétique qui a marqué des générations et traversé les frontières.

Icônes

Pour cette première édition de la French Touch à la sauce de La Isla, deux figures emblématiques des années 1990-2000 étaient au rendez-vous : Demon et Jef K. Deux noms qui ont façonné une époque, invités ici non pas pour une plongée nostalgique, mais portés par une énergie visiblement intacte.

La Isla avait cependant une carte supplémentaire dans sa manche : ancrer l’événement dans le présent en associant à l’affiche la Nouvelle Vague de producteurs mauriciens. Des back-to-back inédits, du live, de l’inattendu.

Nouvelle Vague

Mono x Ashlyn ont ouvert le bal avec un set doux et solaire, parfaitement accordé à l’heure du coucher de soleil. Marie x Dylan Sendeck ont ensuite pris le relais dans un format plus hybride, entre DJ set et performance live, Marie alternant le mix et le micro pour insuffler une dimension plus organique à la soirée.

Le relais est ensuite pris par Jef K, figure emblématique de la scène club parisienne des années 90-2000. Là, le tempo s’affirme. Les références affluent, les clins d’œil à toute une époque s’enchaînent, mais sans jamais tomber dans la nostalgie pure. Et peu à peu, le dancefloor entre dans le mouvement sans hésiter, porté par cette continuité naturelle, presque évidente, entre héritage et présent.

Du groove et encore du groove

Et puis vient ce moment suspendu. Nina Hellis x Caroline Villain. Piano et voix lyrique face à la mer, dans une relecture inattendue de la French Touch. “Desireless”, des échos de Daft Punk, des textures pop réinventées en live… entre émotion et élégance. C’est Demon qui pose le point final, avec cette aisance propre aux artistes qui ont façonné leur époque sans jamais chercher à la rattraper. Groove, énergie, une montée qui finit par tout embraser.

Et dans ce final, quelque chose de plus grand se révèle : La Isla n’a pas organisé un retour en arrière, mais enclenché un crossfader entre deux générations, laissant les deux tourner en simultané, sans que l’une n’écrase l’autre. Preuve que la French Touch a toujours su voyager — des platines des années 90 aux DAWs d’aujourd’hui, d’une génération de pionniers à une nouvelle vague de producteurs qui la portent dans leurs samples comme un ADN musical indéfectible.

Vivement la prochaine édition!