Citrouilles, costumes, films d’horreur et bonbons : chaque 31 octobre, Halloween refait surface jusque sous les tropiques. Mais derrière les déguisements se cache une histoire beaucoup plus ancienne, faite de croyances, de rites autour des morts et de traditions qui ont voyagé à travers le monde. À Maurice, la fête a trouvé sa propre place, entre culture populaire et simple envie de s’amuser.

Bien avant les sorcières en plastique et les citrouilles lumineuses, Halloween était liée au passage d’une saison à une autre.

Ses origines sont souvent associées à Samhain, une ancienne célébration celtique marquant la fin des récoltes et l’arrivée de l’hiver. Selon les croyances de l’époque, cette période pouvait aussi rapprocher symboliquement le monde des vivants de celui des morts.

Avec les siècles, ces coutumes se sont mêlées aux célébrations chrétiennes de la Toussaint, le 1er novembre, puis à la commémoration des défunts. Le mot « Halloween » vient d’ailleurs de All Hallows’ Eve, la veille de la Toussaint.

Comment les citrouilles et les bonbons sont-ils arrivés ?

C’est surtout en traversant l’Atlantique qu’Halloween prend le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.

Au XIXe siècle, les immigrés irlandais et écossais emportent avec eux plusieurs coutumes : déguisements, visites de maison en maison, lanternes sculptées dans des navets, feux de fête et jeux de divination. Aux États-Unis, ces traditions évoluent peu à peu : les citrouilles remplacent les navets et le célèbre “Trick or Treat” finit par s’imposer

Puis Hollywood, les séries télévisées, la publicité et les réseaux sociaux font le reste. Halloween devient une culture à part entière, facilement exportable.

Aujourd’hui, même dans les pays où cette fête n’a aucune origine traditionnelle, on sait généralement reconnaître une citrouille orange, une sorcière ou un vampire au premier coup d’œil.

Toutes les cultures ne parlent pas des morts de la même façon

Ce qui rend Halloween particulièrement intéressant, c’est qu’il existe ailleurs dans le monde de nombreuses traditions liées aux morts et aux ancêtres.

Au Mexique, le Día de los Muertos est l’un des exemples les plus connus. Les familles rendent hommage à leurs proches disparus avec des photos, des fleurs, de la nourriture et des autels colorés. Malgré leur proximité dans le calendrier, Halloween et le Día de los Muertos ne sont pas la même fête.

Au Japon, la fête d’Obon est un moment consacré à la mémoire des ancêtres. Dans plusieurs communautés asiatiques, d’autres traditions reposent également sur l’idée que les vivants peuvent, pendant un temps, honorer ou accueillir symboliquement les esprits de leurs proches.

Et Halloween à Maurice ?

À Maurice, Halloween ne fait pas partie des traditions historiques de l’île.

Pourtant, la fête s’est installée progressivement dans le paysage. Les films américains, les dessins animés, les réseaux sociaux et les commerces ont largement contribué à la faire connaître.

À l’approche du 31 octobre, il n’est plus étonnant de voir apparaître soirées costumées, décorations, menus spéciaux, animations pour enfants ou concours du meilleur déguisement. Et chacun y ajoute sa touche : DESI HALLOWEEN mélange Halloween et vibes Desi avec DJ Vakil, DJ Jayan et DJ Nits, tandis que CARIBBEAN HALLOWEEN mise sur les rythmes caribéens avec Admiral T, des artistes locaux et même du face painting.

Mais l’interprétation mauricienne reste généralement assez simple : pour beaucoup, Halloween est surtout une occasion de s’amuser.

On se déguise entre amis, on regarde un film d’horreur, les enfants collectionnent les bonbons et les adultes profitent d’une soirée à thème. Pas besoin de croire aux fantômes pour porter des dents de vampire.

Dans certaines familles, en revanche, Halloween peut être perçu avec davantage de distance en raison de ses symboles liés aux esprits, à la mort ou au surnaturel.

Et c’est là que Maurice devient particulièrement intéressante.

D’une croyance ancienne à la pop culture

C’est finalement toute l’histoire d’Halloween.

Une célébration ancienne liée aux saisons et aux morts a traversé les siècles, changé de continent, rencontré d’autres traditions puis été transformée par la culture populaire.

Et à Maurice ? Nous avons surtout gardé les costumes, les bonbons, les frissons et le plaisir de jouer à se faire peur.

Peut-être est-ce justement ce qui permet à Halloween de voyager aussi facilement : chaque pays peut garder les symboles qui l’amusent et leur donner un sens différent.

Une citrouille à Port-Louis n’a probablement plus grand-chose à voir avec les croyances celtiques d’il y a plusieurs siècles.

Mais le 31 octobre, elle réussit toujours à faire son petit effet. Alors trick or Treat ? 🎃🍬