C’est avec « Parfwa Vremem » que Diyaune s’est fait connaître. Originaire de Poste de Flacq, l’artiste a vu son morceau s’imposer en 2025 jusqu’à être sacré Disque de l’année.

Mais derrière ce succès, il y a un parcours beaucoup moins linéaire. Avant que sa voix ne devienne familière au public, Diyaune était maçon de profession et faisait de la musique lorsqu’il en avait l’occasion, dans des pubs, des restaurants et sur différentes petites scènes. La musique était là, mais le chemin pour en faire son métier n’a pas été simple.

Des épreuves qui laissent des traces

Pour comprendre « Zis Twa », il faut aussi comprendre ce que Diyaune a vécu. Il parle sans détour d’une enfance et d’une adolescence marquées par les difficultés : la misère, la séparation de ses parents, le bullying à l’école primaire et les conflits familiaux.

À l’adolescence, il reconnaît lui-même avoir perdu pied. De Form 1 à Form 3, il dit avoir « fait n’importe quoi » et avoir été renvoyé de deux collèges et d’un collège technique en trois ans. Une période compliquée, qu’il regarde aujourd’hui avec le recul de celui qui en a tiré des leçons.

La galère, il la connaît donc. Mais son histoire ne s’arrête pas là. Pour Diyaune, il existe une clé pour sortir de certaines difficultés : l’éducation.

Son message s’adresse particulièrement aux jeunes. Aller à l’école, étudier, acquérir des connaissances et des compétences, sans oublier ses origines. Il les encourage à profiter des possibilités qu’ils ont aujourd’hui pour construire quelque chose de meilleur, plutôt que de se laisser porter par les promesses des autres.

Le don de « Zis Twa »

C’est dans cette partie de son histoire que le titre de son album prend tout son sens. Pour Diyaune, « Zis Twa » fait référence à Dieu. Il considère que Dieu lui a donné un don : celui de la musique.

Et ce don, il veut en faire quelque chose de plus grand que lui. Réconforter des cœurs, parler de son ghetto, raconter ce qu’il connaît et donner, à travers ses chansons, une voix à certaines réalités.

Il invite aussi les autres à chercher leur propre don. À le trouver, à l’utiliser et à l’exploiter avec foi et persévérance. Son message est simple : ne jamais abandonner, même lorsque le parcours devient difficile.

Dans sa vision, Dieu reste au cœur de cette force. Celui qui donne, celui qui bénit, celui qui donne le courage et la force d’avancer.

Alors, après tout ce parcours, après les difficultés, les erreurs et les épreuves, une question s’impose : si ce n’est pas « Zis Twa », alors c’est quoi ?

Pour Diyaune, la réponse est claire. « Zis Twa » n’est pas seulement le titre de son album. C’est aussi une manière de regarder son parcours, de reconnaître le chemin parcouru et de mettre un nom sur le don qu’il dit avoir reçu.

Une identité

Diyaune, c’est aussi du style. Son chapeau, ses lunettes noires et son allure toujours soignée sont devenus une véritable signature. Sur scène, il aime être au contact du public, échanger avec lui et faire vivre ses morceaux autrement que sur un simple enregistrement.

C’est justement cette relation avec le public qui a pris une nouvelle dimension aux Seychelles. Lors de sa première prestation dans l’archipel, il a découvert que « Parfwa Vremem » avait déjà trouvé son chemin jusque-là.

Entendre le public connaître la chanson et l’accueillir avec enthousiasme lui a rappelé qu’un morceau peut finir par échapper à celui qui l’a écrit. Parti de son vécu, « Parfwa Vremem » appartient désormais aussi à ceux qui s’y reconnaissent.

Et peut-être est-ce là l’une des particularités de Diyaune : transformer ce qu’il a vécu en musique, sans effacer le chemin qui l’a précédé.

 


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