Quand l’art aide à reconstruire : ces Mauriciennes et artistes qui donnent une autre voix au cancer du sein.
À Maurice, le cancer du sein reste le cancer le plus diagnostiqué chez les femmes. Chaque année, plusieurs centaines de nouveaux cas sont enregistrés, faisant de la prévention et du dépistage précoce des enjeux majeurs de santé publique. Né aux États-Unis dans les années 1990, Octobre Rose est aujourd’hui symbolisé par le ruban rose et mobilise des millions de personnes à travers le monde.
À l’approche d’Octobre Rose, campagne mondiale de sensibilisation au cancer du sein organisée chaque mois d’octobre, l’objectif est de mieux informer, encourager le dépistage et soutenir les personnes touchées par la maladie. Derrière les chiffres, plusieurs parcours mauriciens montrent que la lutte contre le cancer du sein dépasse largement le cadre médical. Elle passe aussi par l’écriture, la création, la solidarité et la prise de parole publique.


C’est lors d’un dépistage de routine en 2023, malgré l’absence de symptômes, que Gilberte Chung Kim Chung découvre sa maladie. Aujourd’hui, elle est en rémission et témoigne de l’importance du dépistage précoce.
Son expérience a donné naissance au livre Cancer du sein : Coup de grâce ou moment de grâce – Sur le chemin de la guérison. Pendant son traitement, elle s’est également remise au crochet et a appris à confectionner des prothèses mammaires destinées aux femmes ayant subi une mastectomie.
Son parcours illustre une autre facette de la reconstruction : retrouver une activité créative et la mettre au service d’autres femmes.
De l’expérience personnelle à l’engagement
Même démarche chez Shamima Patel, fondatrice de Breast Cancer Care Mauritius. Après avoir fait face à un cancer du sein, elle a créé l’association en 2014 afin d’accompagner les patientes.
Breast Cancer Care propose aujourd’hui différentes formes de soutien, notamment des campagnes de sensibilisation, des dépistages, un accompagnement psychologique ainsi que des prothèses mammaires, perruques et foulards.


Link to Life joue également un rôle important à Maurice. L’association mène régulièrement des actions de prévention et accompagne les personnes atteintes de cancer ainsi que leurs proches.
Le message porté par ces organisations reste simple : mieux connaître son corps, s’informer et ne pas attendre lorsqu’une anomalie apparaît.
Quand les artistes se mobilisent
La culture participe elle aussi à cette mobilisation.
En 2026, les artistes mauriciens Gaël Froget et Skizofan ont réalisé une œuvre en direct lors d’un événement caritatif organisé avec Adamah Fine Arts et la Siem Together Foundation. Les fonds récoltés ont été destinés à Breast Cancer Care Mauritius.


La scène musicale mauricienne s’était déjà mobilisée en 2016 autour de la choriste Marie Michelle Perrine, alors atteinte d’un cancer du sein avancé. Le Festival Pou N Koz avait réuni de nombreux artistes locaux afin de contribuer au financement de ses soins.
Ces initiatives montrent comment un concert, une œuvre ou un événement culturel peuvent devenir des moyens concrets de sensibiliser et de soutenir.
Des témoignages qui brisent le silence
La parole autour de la maladie devient également plus visible.
En 2026, la députée Babita Thannoo a évoqué publiquement son combat contre le cancer du sein et son parcours de traitement. Ces témoignages participent à réduire les tabous qui entourent encore parfois la maladie.
Ils rappellent surtout qu’un diagnostic ne résume pas une personne : derrière chaque cas se trouve une femme qui continue à travailler, créer, prendre soin de sa famille ou participer à la vie publique.
Faire vivre Octobre Rose au-delà du symbole
À Maurice, Octobre Rose ne se résume donc pas au ruban rose.
Il y a les femmes qui témoignent, celles qui écrivent, celles qui créent, les artistes qui collectent des fonds et les associations qui accompagnent les patientes au quotidien.
La culture a ici un rôle particulier : mettre des visages et des histoires sur une maladie que les statistiques seules ne peuvent raconter.
Et surtout, rappeler que parler du cancer du sein, se renseigner et connaître les ressources disponibles peut déjà faire une différence.



















