Et si une histoire d’œufs volés pouvait nous faire rire… tout en nous faisant réfléchir à la justice, au pouvoir et à l’hypocrisie ? C’est exactement ce que propose Zagaferger Digizefgef, la pièce en Kreol Morisien de Madaya Condeah, qui a remporté le premier prix du Konkour Lekritir Teatral Pri Dev Virahsawmy 2025-2026.


Présentée par Immedia, la pièce sera portée sur scène les 19, 21 et 22 novembre 2026 au Serge Constantin Theatre, dans une mise en scène de Stanley Harmon. Et pour cette représentation, Otayo est la plateforme exclusive de billetterie.
Une pièce qui a déjà une histoire
Avant même de devenir la pièce primée qu’elle est aujourd’hui, Zagaferger Digizefgef avait déjà une longue histoire.
Son origine remonte à 1987, lorsque Madaya Condeah était enseignant au collège Hamilton. D’après Condeah lui-même, le sketch initial était lié à Kisa la vol et à un ami, puis lui et un collègue l’ont développé pour un concours national. La pièce avait rencontré un véritable succès et remporté les prix de la compétition.


Des décennies plus tard, lorsque Madaya Condeah découvre l’annonce du Konkour Lekritir Teatral Pri Dev Virahsawmy, il décide de reprendre cette ancienne œuvre, de la retravailler et de l’actualiser.
Le résultat ? Le texte s’impose finalement parmi 21 candidatures et remporte le premier prix du concours, décerné à l’unanimité du jury.
Cette victoire permet aujourd’hui à l’œuvre de passer de la page à la scène avec Immedia, qui poursuit également à travers ce projet son engagement en faveur de l’écriture théâtrale mauricienne en Kreol.
Une nouvelle étape dans l’histoire du théâtre mauricien
Lors de la conférence de presse consacrée à la pièce, Rama Poonoosamy, directeur d’Immedia, a rappelé que le théâtre en Kreol Morisien s’inscrit dans une histoire déjà riche.


Des auteurs comme Dev Virahsawmy et Henri Favory ont contribué à faire du Kreol une véritable langue de création théâtrale à Maurice. À travers le concours qui porte le nom de Dev Virahsawmy, Immedia souhaite notamment continuer à encourager les auteurs à écrire et à raconter des histoires dans notre langue.
Zagaferger Digizefgef s’inscrit donc dans cette continuité, tout en apportant son propre regard sur la société mauricienne.
Une histoire d’œufs, d’animaux… et de pouvoir
À première vue, l’histoire pourrait presque ressembler à une fable.
À la ferme Santekler, Mamapoul, la reine de la basse-cour, découvre que ses précieux œufs ont disparu. Furieux, Papakok, roi autoproclamé et juge suprême, décide de mener l’enquête.
Mais dans cette basse-cour, les choses sont loin d’être aussi simples.


Les véritables coupables savent mentir, manipuler et flatter. Petit à petit, l’enquête se transforme en une véritable farce judiciaire où la vérité devient presque le problème, tandis que l’innocent risque de payer pour les fautes des autres.
Au centre de cette histoire se trouve Burik, l’âne, personnage candide et amoureux de Mamapoul, qui devient à son tour la cible idéale.
Derrière l’humour et les situations absurdes se cachent donc des sujets beaucoup plus sérieux : le pouvoir, la manipulation, la fausse amitié, l’hypocrisie et la justice lorsqu’elle est influencée par ceux qui savent mieux parler que dire la vérité.
Et pourquoi ce titre si particulier ?
Zagaferger Digizefgef signifie « Zafer Dizef » et le titre est écrit en langaz madam sere, une manière de parler codée.
Le choix n’est pas uniquement là pour intriguer.
Dans la pièce, cette façon de parler est notamment utilisée par un personnage pour embrouiller le juge et éviter d’être compris, un peu comme lorsqu’un jargon compliqué peut rendre une conversation volontairement difficile à suivre.
Le titre devient donc lui-même une petite porte d’entrée vers l’univers particulier de la pièce.
Une pièce qui fait aussi vivre notre langue
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de Zagaferger Digizefgef.
Madaya Condeah ne voulait pas simplement écrire une pièce en Kreol. Il souhaitait également revaloriser des expressions mauriciennes anciennes qui risquent de disparaître ou de tomber dans l’oubli.
Pour écrire les dialogues, il s’est notamment replongé dans le Kreol qu’il entendait durant son enfance, auprès de sa grand-mère et des habitants de la cité ouvrière de Saint-Aubin.
Le résultat est un Kreol volontairement simple et proche de celui qu’il considère comme plus ancien, avec des expressions et des mots qui donnent à la pièce une véritable couleur mauricienne.
Et c’est là que le spectacle prend une autre dimension : le Kreol devient à la fois la langue de l’humour, de la satire, des jeux de mots et de la réflexion.
Une satire qui nous ressemble peut-être un peu trop
Même si les personnages sont des animaux, difficile de ne pas reconnaître certains comportements humains.
Celui qui flatte le plus fort. Celui qui accuse avant de vérifier. Celui qui prétend être votre ami mais travaille dans votre dos. Celui qui possède le pouvoir et pense avoir toujours raison.
La pièce utilise justement cette basse-cour pour prendre un peu de distance avec la réalité et mieux en rire.
Et derrière les éclats de rire, elle pose une question assez simple : que se passe-t-il lorsque ceux qui devraient chercher la vérité sont davantage intéressés par leur propre intérêt ?
De la page à la scène
Après avoir été récompensée dans le cadre du concours, Zagaferger Digizefgef passe maintenant de l’écriture à la scène avec Immedia.
La production sera mise en scène par Stanley Harmon, avec une distribution réunissant Adrien Beaugendre, Sylvain Polydor, Priyanka Soodhoo, Manuel Quatre Bornes, Stanley Harmon, Sophie Constant, Axel Manna et Mathieu Beesela.
Les décors et costumes seront signés Pamela Vencatasamy.
L’objectif n’est donc plus simplement de découvrir le texte primé, mais de voir comment cette basse-cour, ses personnages et ses jeux de pouvoir prennent vie devant le public.
Une création qui met la culture mauricienne au premier plan
À une époque où les productions internationales occupent une grande partie de nos écrans et de nos scènes, Zagaferger Digizefgef propose quelque chose de profondément local : une histoire mauricienne, écrite en Kreol Morisien, nourrie de notre manière de parler et de nos réalités sociales.
Et c’est aussi ce qui rend cette pièce intéressante même pour ceux qui ne vont pas régulièrement au théâtre.
Vous venez pour rire, découvrir une histoire originale et voir une pièce primée. Mais vous repartez aussi avec un autre regard sur notre langue et notre patrimoine théâtral.
Une pièce à découvrir sur scène
De son origine en 1987 à sa réécriture pour le concours Dev Virahsawmy, puis à sa victoire parmi 21 textes, Zagaferger Digizefgef a déjà parcouru un long chemin.
Cette fois, c’est au public de découvrir ce que cette histoire de poule, d’œufs, d’âne, de roi et de faux coupables donnera une fois les rideaux ouverts.
Rendez-vous les 19, 21 et 22 novembre au Théâtre de Serge Constantin pour découvrir une pièce qui mélange humour, satire, langue mauricienne et regard sur notre société.
Et pour cette production d’Immedia, Otayo est la plateforme exclusive pour réserver vos billets.
Réservez vos billets et venez découvrir Zagaferger Digizefgef sur scène !



















