Rentrée littéraire 2026 : Maurice se raconte entre mémoire et héritage

Entre août et octobre 2026, plusieurs parutions et rendez-vous culturels mettent la littérature mauricienne à l’honneur. Mémoire, esclavage, identité et kreol morisien traversent une saison particulièrement riche.

En août, Kersley Chowrimootoo a présenté Enn devwar memwar à l’Institut français de Maurice. À travers le kreol morisien, le poète et slameur aborde la mémoire, la transmission et l’héritage colonial.

Publié par Project’îles, l’ouvrage continue de faire parler de lui en octobre, notamment pour sa manière d’aborder en kreol morisien la mémoire, la transmission, les inégalités et l’héritage colonial.

Le 19 août, Ananda Devi a publié Chronique d’un royaume perdu chez Grasset. Situé au Bouchon, le roman suit plusieurs générations depuis l’époque de l’esclavage. L’ouvrage a rapidement attiré l’attention en intégrant plusieurs sélections de grands prix littéraires français.

Le livre a rapidement dépassé le simple cadre d’une nouvelle parution. Début septembre, il a intégré la première sélection du Prix Goncourt 2026, puis celle du Prix Renaudot, le roman poursuit son parcours parmi les grandes distinctions de la rentrée littéraire, alors que de nouvelles sélections du Goncourt sont attendues les 6 et 27 octobre. Deux nominations qui remplacent une voix mauricienne parmi les titres les plus suivis de la rentrée francophone.

Quelques jours plus tard, le père Alain Romaine lançait Sans Nom, Sans Souliers, un livre consacré à la mémoire de l’esclavage, à l’identité et à la dignité des descendants d’esclaves.

Lancé en août, Sans Nom, Sans Souliers du père Alain Romaine reste une lecture particulièrement pertinente en octobre, alors que le patrimoine et la transmission occupent une place importante dans l’actualité culturelle mauricienne. À travers la mémoire de l’esclavage et la quête d’identité des descendants d’esclaves, l’auteur invite à regarder autrement une partie essentielle de l’histoire de l’île. .

En octobre, la littérature quittera aussi les pages avec le Festival Nou Leritaz, prévu du 21 au 24 octobre à l’Institut français de Maurice, à Rose-Hill, et à Edith, à Port-Louis. Le programme prévoit une session de « Dikte an Kreol Morisien » avec Cloé Edouard, suivie de « (Re)lire Léoville L’Homme », sous la houlette de Shenaz Patel.

Ce rendez-vous célèbre le patrimoine mauricien et indianocéanique en croisant écrits, sonorités et œuvres audiovisuelles. Quelques temps forts captiveront tout particulièrement les amateurs de lecture. La participation de l’artiste Josiane Cassambo au volet Leritaz Ritmik illustre d’ailleurs parfaitement l’ambition de l’événement : tisser des liens vivants entre création littéraire et héritage musical, plutôt que de les aborder de façon isolée.

Cette rentrée montre surtout une chose : la littérature mauricienne continue de questionner l’histoire de l’île tout en faisant vivre ses langues, ses auteurs et son patrimoine auprès d’une nouvelle génération.